Légendes gitanes sur les roulottes

Au cours du projet, j’ai eu besoin de reconnecter avec des sources d’inspiration extérieures. La roulotte commence à vraiment se concrétiser et il me fallait voir d’autres roulottes – en vrai, pas sur Internet – pour commencer à faire quelques choix ici et là en termes d’univers, de détails de coloris.

Nous partons dans le Gard, à Saint-Quentin-la-Poterie retrouver Pierre et sa 20aines de roulottes entièrement restaurées. Pierre est bien sûr un passionné et a choisi d’exposer des roulottes d’époque qu’il a pu racheter au fur et à mesure de ses recherches. Au cours de notre discussion et des visites de chacune, il nous raconte les traditions des gitans voyageurs et leur rapport à leur maison roulante.

La roulotte se définit par une maison transportant la famille et qui sert également de lieu de travail

D’ailleurs, chaque roulotte avait son style personnalisé, selon le métier des résidents : vannerie, cartomancie et voyance pour les femmes, maroquinerie, confection d’objets, etc. Je n’ai pas la liste des métiers que les gitans faisaient.

Pour eux, c’était très clair qu’il devait gagner de l’argent dedans, sinon cela ne s’appelle pas une roulotte. Même si elle roule 🙂

La cuisine se prépare dehors

D’ailleurs toute la famille vit dehors. On mange dehors, on se lave dehors. Les gitans rentraient dans leur roulotte uniquement pour dormir ou pour s’abriter lors de pluie.

Pierre nous explique que les gitans étaient très superstitieux et que cela portait malheur de cuisiner et manger à l’intérieur. Sûrement en raison d’accidents ménagers avec le feu.

Les hommes et femmes dorment souvent séparés

Il était commun que les hommes dorment sous la roulotte, par pudeur déjà car l’intimité avec leurs femmes est quelque chose de caché. Et deuxièmement, car une fois le camp installé et la nuit tombée, il n’est pas rare de se voir voler ses affaires par des vagabonds. Les hommes surveillaient les alentours, les yeux semi-ouverts.

Un oiseau pour prévenir les intrusions

Nous retrouvons souvent des cages à oiseau devant la porte des roulotte. L’oiseau dans la cage, leur permettait de vérifier si un individu s’était introduit dans la roulotte en cas d’absence. Si tel était le cas, l’oiseau, paniqué, aurait perdu ses plumes. Malheureusement, cela n’évitait pas les vols pour autant.

La roulotte est traditionnellement brulée au décès de son propriétaire

Si Pierre a du mal à collectionner davantage de roulottes, c’est qu’à vrai dire, il n’en reste pas beaucoup d’époque. Il est coutume de naître et de mourir dans sa roulotte. Ainsi, si le propriétaire meurt, sa communauté lui rendra hommage en le brûlant à l’intérieur.

Toutes ces histoires me fascinent. Si je n’ai aucun ancêtre – connu – gitan, je me sens tout de même connectée à cette communauté de voyageurs. Je prends acte de l’importance de ces traditions qui orchestraient leur vie et souhaite les honorer.

Je suis Camille, roulottière 2.0

Informaticienne de métier, je suis sortie de mon ordinateur pour construire une roulotte traditionnelle en bois. A travers ce projet, je veux organiser des rencontres, des soirées et des initiatives solidaires à Montpellier : repas partagés, ciné en plein air, sessions méditation, etc.

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